La balançoire
Afrique du Sud aux temps de l'apartheid. Une grand-mère noire et ses deux petits-enfants sont assis sous un arbre. Depuis longtemps, il n'a pas plu et l'arbre se meurt. En face d'eux, un mur et la grille d'un jardin protègent une famille blanche. Elle aussi se meure, manque de vie, d'espoir et d'avenir. Et pourtant, l'Histoire, grande ou petite, est en marche.
Certains trouveront le récit un peu mièvre, d'autres diront le texte trop compliqué... Le public a, dit-on, toujours raison. Peut-être. Ce qui est sûr, c'est que personne ne peut rester insensible à la représentation que nous offre la Compagnie La balançoire du texte de Guillaume Le Touze, Les crocodiles ne pleurent plus. Plus qu'une adaptation, c'est un véritable travail de création qui nous est donné. On retiendra tout d'abord les matériaux utilisés pour le décor et les marionnettes qui ne sont pas sans nous rappeler le concept d'Art Modeste de Hervé Di Rosa. Vieille tôle rouillée, papier journal, chutes de tissus ou de cartons, boîte d'oeufs. Ce qui aurait dû être mis au rebut, devient par la magie du spectacle un véritable parti-pris poétique. Et c'est ainsi que s'animent devant nos yeux, un garçon un peu sage, une vieille sud africaine un peu lasse et un peu folle, ou encore la terrible Margot, le croco du marigot... Les jeux de lumière, modestes, eux aussi, permettent pourtant de nous faire vivre l'infime changement qui nous permet de glisser d'un temps à l'autre, d'un monde à celui d'en face, de l'autre côté du mur. Il aurait été facile et vain de renforcer l'aspect manichéen de la pièce. Les Noirs d'un côté, les Blancs de l'autre, les Riches, ici, les Pauvres, là. Véronique Dumarcet, la directrice artistique de la Compagnie, a préféré privilégier ce qui lie, ce qui ressemble et rassemble au delà des différences. Subtilement accompagnée à vue par la partition musicale de Richard Héry, c'est finalement une histoire de choix, de liberté et d'espoir qui nous ravit les yeux et l'esprit.
Regard d'une spectatrice , Festival Étincelles à Billom, mai 2009
Marionnettes animées à vue, théâtre d'ombres, plateaux mobiles permettent de rapides transformations de l'espace et donne une scénographie dynamique.
La musique n'est pas simplement illustrative mais participe de l'histoire et apporte à la pièce un véritable soutien dramaturgique.
Télécharger la brochure du spectacle (PDF)Le thème du mur est omniprésent à travers ce spectacle. Une exposition est proposée avec les représentations : affiches, photos, dessins, textes, proverbes... déclinent les murs du monde sous toutes leurs formes.
Cette exposition peut également être complétée par un travail pédagogique réalisé avec des classes lors de la venue de la compagnie dans une école ou un collège.